COL RÉNOD COL PIERRE LORY

Pure Courchevel Février 2017

POUDREUSE D’ALTITUDE

SI LES DÉBUTS DE SAISON SE FONT POUSSIFS, LES FINS SONT DE PLUS EN PLUS TARDIVES ET POUDREUSES ! CAR AVRIL NE RIME PAS SEULEMENT AVEC NEIGE FONDUE, MAIS SURTOUT AVEC RETOUR D’EST, GIBOULÉES, ET PRÉCIPITATIONS NOCTURNES D’ALTITUDES QUI VIENNENT RÉGULIÈREMENT REBLANCHIR LES SOMMETS TANDIS QUE LES FONDS DE VALLÉE REPRENNENT DES COULEURS.

Ce sont en réalité des conditions un peu tempétueuses qui demandent une certaine expérience. Aussi, suivant le flair de Patrick, notre guide, nous mettons le cap sur Val Thorens. Sous les télésièges la situation ne semble pas exceptionnelle : côté Nord, nous observons une fine couche tombée dans la nuit, de 5 à 10 centimètres tout au plus. Nous poursuivons jusqu’au Col de Thorens…à 3130mètres, où nous attends une très bonne surprise : sur le versant opposé (côté Maurienne), le glacier de Chavière a reçu une belle quarantaine de centimètres…bien vu Patrick ! A cette découverte enthousiasmante, nous sautons littéralement dans la pente. Cette première descente est fabuleuse : la neige vole comme au mois de Janvier…mais le soleil lui est bien d’Avril, et nous savons bien que cela ne durera pas. Nous collons donc rapidement nos peaux de phoques, direction le Col Rénod. Une bonne heure de montée, en faisant la trace, évidemment, et nous voici au col, surplombant la Maurienne. Juste en face se dressent les 4000 des Ecrins : la Barre, la Meije pour ne citer que les plus emblématiques…. Nous redescendons vers notre point de chaussage, mais en tirant légèrement sur la droite, profitant d’un couloir un peu plus raide que la combe de montée. La neige est un peu ventée en haut, mais nous retrouvons la bonne poudreuse en rejoignant le glacier….difficile de s’arrêter, mais tout ce que nous descendons devra être remonté, pour rebasculer côté 3 Vallées. Nous stoppons donc notre course, recollons les peaux, et choisissons de rentrer par le Col Pierre Lory, droit au-dessus de nous. La pente se redresse aussi inexorablement que le soleil d’Avril alourdit la neige. La réverbération intense de la combe, associée à l’altitude (3132m), rend cette nouvelle heure d’efforts plutôt ardue et assommante. Au col, la vue plongeante sur le du Glacier du Bouchet, encore vierge de traces, récompense largement notre persévérance. En contre-bas du glacier, les pistes ramollies nous rappellent à la réalité : cette sortie est suspendue entre deux saisons…nous prenons le temps de récupérer avant de nous élancer…aussi prometteur soit-il, notre troisième run poudreux nous ramène définitivement vers le printemps.

HIGH-ALTITUDE POWDER While recent seasons have got off to a sluggish start, they are lasting longer with excellent powder in the later months! April is no longer exclusively associated with melted snow. Instead, skiers can expect the return of the cold east winds, hail showers and high-altitude overnight snowfall that regularly paints the peaks white while the lower valleys are embracing spring. While promising, these rather tempestuous condition require a certain amount of experience. With this in mind, we followed our expert guide, Patrick, and set off to Val Thorens. The slopes under the ski lifts were hardly reassuring: on the north side we could see a thin layer of snow had fallen overnight, no more than 5 or 10 centimetres. Nevertheless, we carried on until the Col de Thorens pass at 3,130 metres, where we were met by a wonderful surprise. On the opposite side (the Maurienne Valley), the Chavière glacier was covered with a pristine, 40cm layer of snow. Well spotted, Patrick! After this exciting discovery, we literally threw ourselves down the piste. The first downhill run was just fabulous: the snow flew from our skis as if were in January, but the warmth of the sun was decidedly April. We knew we didn’t have much time to enjoy it, and so we quickly put on our sealskins and set off for the Col Rénod pass. We spent a good hour on the ascent – hiking through untouched snow, of course – and arrived at the pass overlooking the Maurienne Valley. The Ecrins Mountains rose up just opposite us, with impressive views of iconic peaks such as La Barre and La Meije. We skied back down to where we started hiking, pulling slightly to the right to take advantage of a slightly steeper couloir than the valley we hiked up. The snow was a little wind-blown at the top, but we found ourselves back on the powder when we reached the glacier. We didn’t want to stop, even though we knew the further we descended, the further we would have to hike back up to make our way to the 3 Valleys. Reluctantly, we came to a halt, put our sealskins back on and decided to head back via the Col Pierre Lory pass, located right above us. The slope rose up imposingly as the April sun beat down, making the snow heavy. The intense glare from the valley, combined with the 3,132m of altitude, made the next hour of effort particularly tiring. But at the pass, the view over the untouched snow of the Bouchet glacier was the perfect reward for our perseverance. Below the glacier, the slushy pistes brought us back to reality. This expedition was a moment frozen in time between two seasons. We took our time to get our breath back, and started the final descent. Despite the initial illusion of abundant powder, our skis guided us inevitable back towards spring.

Informations : ESF 1850 : 04 79 08 07 72 • B° Guides : 04 79 01 03 66